14 février 2026

Jeux des sons

Le jeu des sons

bulles sons

Face:  Tu m’entends je t’entends

Premier jeu de son, la chanson baladeuse.
C’est un jeu facile : on chante une chanson à côté de l’enfant puis on s’éloigne en continuant à chanter. On disparaît de sa vue en chantant toujours. On revient. L’enfant n’a pas eu peur, il ne s’est pas senti seul. Par contre, si on part en le laissant en silence, il pourrait se sentir seul et s’inquiéter. La voix est le signe de notre présence à ses côtés même si notre corps a disparu à ses yeux. « Coucou Petitou, je n’étais pas partie ! »

Là commence un deuxième jeu de sons, les oreilles bouchées. « Petitou, ouvre les oreilles, bouche-toi les oreilles et dis-moi la différence. Quand est-ce que tu entends mieux ? » On peut alors expliquer à Petitou que la voix est une onde qui arrive à son oreille, peu importe qu’il ne comprenne pas tout.

Troisième jeu de sons, le jeu du plus fort moins fort auquel on joue comme pour le premier jeu d’abord près de l’enfant puis en s’éloignant, « Petitou, dis-moi quand tu n’entends plus. »

Ou encore, quatrième jeu de sons, on joue à cache-cache son. On s’éloigne on se cache et on chantonne. L’enfant nous trouvera par le son. Bien sûr, s’il est assez grand et qu’il veut faire pareil, c’est lui qui proposera les sons et qui s’éloignera de nous. A nous de dire quand on n’entend plus, à nous de le repérer. En se promenant dans la nature, on peut aussi jouer à chercher dans quelle direction se trouve l’oiseau, le canard, le chat le chien etc. « Où se cache l’oiseau Petitou ? Ah ! dans l’arbre ! »

Pile :  La chanson du silence
Écoute maintenant la chanson du silence. Les yeux fermés, commençons à écouter chaque bruit, chaque son comme s’élevant d’un coussin de silence. « Petitou, le bruit s’entend dans le silence, maintenant jouons à écouter le silence comme un grand coussin confortable. Tiens le coussin avec ton attention, n’écoutons plus les bruits qui viennent s’y poser, tu as compris ? Tu fais attention au silence, avant pendant et après le bruit ! ». Pour faciliter le jeu, c’est l’adulte qui peut faire surgir les bruits, jusqu’à faire entendre un bruit surprise. Si l’enfant ouvre les yeux, si son attention est piégée par le bruit, alors il a perdu, et s’il est en âge de mener le jeu, c’est alors à lui de proposer des bruits et à notre tour d’accrocher le silence.

Françoise Gabriel

Jeux de la promenade

Face :
Jeu de la promenade à quatre pattes… Promenons-nous  où c’est possible selon l’endroit où l’on habite. Plus c’est dans la nature, mieux c’est : promenons-nous dans une prairie, sur le gazon d’un jardin particulier ou public, mais  aussi dans un salon, une chambre ou dans un couloir. On peut faire la course, la queue-leu-leu, ou la promenade de l’éléphant, le petitou à quatre pattes caché sous le grand qui l’enveloppe et le protège. Alors on avance à deux comme un seul. Si on connait un chat ou un chien avec qui faire le rapprochement, c’est bien : nous marchons comme eux, tous vivants tous parents. C’est un jeu dans lequel vous verrez peut-être ces animaux s’approcher curieusement de vous. Pensent-ils « Tiens ! ils redeviennent normaux » ? Il faudrait leur poser la question.

quatre pattes

La marche à quatre pattes, même après l’acquisition de la marche bipède, est très positive. Elle rebranche à la terre et redonne à la face avant du corps, partie yin fragile et sans protection, la protection naturelle aux quadrupèdes : ventre vers la terre, ossature dure vers l’extérieur, yin vers le yin – terre contre terre, yang vers le yang. Par le fait-même, cela apaise, sécurise et recentre. Même l’adulte, s’il n’a pas trop mal aux genoux avec cette posture, s’en trouve rapidement joyeux, et à la limite, une petite cure de quatre pattes sans bébé serait du meilleur effet en cas de stress. Bien sûr, pour ménager le voisinage et pour éviter l’ambulance, le prétexte d’un petit est tout à fait bienvenu !

Pile :
C’est le jeu de la promenade immobile.  Petitou et l’adulte sont bien tranquillement installés ; on ferme les yeux et on joue à la promenade de l’attention. On peut jouer à ça très tôt, pour accélérer l’acquisition du vocabulaire du bébé. Le plus amusant est d’utiliser une variante de Jacques a dit. Jacques a dit pied, il a dit oreille, fesses, omoplates etc. Au début, le grand peut toucher l’endroit nommé (sans ouvrir les yeux pour voir où c’est !). Puis quand Petitou grandit,  il n’y a plus besoin de le toucher, on nomme seulement. Ensuite on peut affiner : Il a dit épaule droite, il a dit gros orteil gauche.

Quand l’enfant devient plus grand et que les repérages essentiels sont terminés on passe au jeu niveau 2, comme disent les jeux vidéos. « Maintenant tu mets ton attention dans l’intérieur de ton corps, à l’intérieur de la partie qu’on nomme ; d’accord Petitou ? Jacques a dit poumons. » De temps en temps, on teste : « Où elle est ton attention Petitou ? Bravo !»

Il ne faut pas se précipiter pour laisser à la conscience de l’enfant le temps de trouver l’endroit, et il est inutile de jouer longtemps pour que ce soit profitable. Ce jeu est une porte vers la vision interne et la connaissance amicale de son corps. C’est ce que les taoïstes nomment la pratique du sourire intérieur. Exercer son regard vers l’intérieur pour équilibrer le regard vers l’extérieur, aimer ce qu’on ne voit pas, accorder de l’attention à ce qu’on sent, c’est une voie vers le bonheur.

Françoise Gabriel

Jeu du toucher

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Face : Toi et moi
Le toucher est le premier sens qui s’éveille intra-utero, et c’est essentiellement grâce à lui on peut communiquer avant sa naissance. Pour le jeu du toucher, en touchant, effleurant chaque partie choisie du corps de l’enfant, on la nomme, aidant ainsi l’enfant à se sentir dans sa réalité et ses limites corporelles.

« Ça, c’est le pied de Petitou, ça, c’est la main de Petitou, ça c’est le nez de Petitou, etc. » Puis on peut jouer à toucher son propre corps : « Ça, c’est le pied de maman. » Ensuite, on ajoute la question suivante à laquelle l’enfant tant qu’il est encore bébé d’abord ne répondra pas. « Quand maman touche son propre front, est-ce que Petitou sent quelque chose ? » Tout cela peut se terminer par un grand rire : « Toi…, moi… toi, moi… » en se touchant alternativement soi et l’autre. « Tu vois comme la sensation est différente ? C’est drôle, hein ?»

Si on veut on peut varier le toucher, plus ou moins longtemps, plus ou moins tonique, et même toucher avec le souffle, en soufflant donc sur la partie visée: la main, la joue.

Pile : Nous
Après le jeu, terminons par un calme câlin les yeux fermés – si le petit comprend déjà ce que ça veut dire, sinon, tel qu’il est. « Tu sens maintenant dans ton cœur comme tu baignes dans mon amour, ma tendresse, mon affection, ma joie ? Nous ne voyons plus nos corps, nos yeux sont dans le noir. Mais quand même, nous sentons l’amour, parce que nous sommes cet amour : c’est pour ça que moi aussi je sens ton amour, ta joie, ton innocence. C’est plus grand que nous, nous sommes dedans, bien tranquilles. Il n’y a plus ni Petitou ni maman. Il n’y a plus que l’amour.»

Françoise Gabriel

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